décembre 14, 2024

La place de l’horticulture dans le nouveau référentiel Sénégal 2050

Introduction

Avec l’adoption du référentiel Sénégal 2050, le Sénégal s’engage dans une transformation profonde visant à devenir un pays souverain, juste et prospère. L’horticulture, au cœur des stratégies agricoles, est un secteur clé pour atteindre la souveraineté alimentaire, réduire les inégalités et dynamiser l’économie rurale. Alors que la population atteindra près de 39 millions d’habitants en 2050, la demande pour des fruits et légumes de qualité augmentera considérablement, nécessitant des solutions innovantes et durables. Cet article explore le rôle crucial de l’horticulture dans la mise en œuvre de cette vision.

L’horticulture comme levier de souveraineté alimentaire

Le référentiel Sénégal 2050 ambitionne d’atteindre la souveraineté alimentaire à travers une agriculture productive et résiliente. L’horticulture, qui représente une part importante de la production agricole, joue un rôle stratégique. Les fruits et légumes, tels que les mangues, oignons, tomates et melons, sont non seulement essentiels à la nutrition mais également à l’économie.

Principales actions prévues :

Augmentation des rendements grâce à l’introduction de semences améliorées et résistantes aux conditions climatiques locales.

Réduction des pertes post-récolte, actuellement estimées à près de 30 %, grâce à l’expansion des infrastructures de stockage, notamment les chambres froides et les silos modernes.

Promotion de la transformation locale pour valoriser les surplus et réduire la dépendance aux importations.

Objectif clé : faire du Sénégal un exportateur net de fruits et légumes dans la sous-région d’ici 2035, tout en garantissant un approvisionnement stable pour les consommateurs locaux.

Dynamiser l’économie rurale grâce à l’horticulture

Selon le référentiel, l’horticulture est essentielle pour réduire les inégalités socio-économiques entre les zones rurales et urbaines. Actuellement, les régions rurales, notamment le Nord et le Sud, abritent la majorité des exploitants horticoles. Cependant, ces régions restent sous-équipées en infrastructures et technologies modernes.

Initiatives phares :

Développement des agropoles régionaux : Ces pôles économiques, comme l’Agropole Sud (Ziguinchor, Sédhiou, Kolda), permettront de structurer les chaînes de valeur horticole et d’assurer une meilleure coordination entre producteurs, transformateurs et marchés.

Renforcement des capacités des producteurs : Formation en gestion des exploitations, irrigation moderne et pratiques agroécologiques.

Accès au financement : Des partenariats public-privé et des subventions ciblées faciliteront l’achat de matériel agricole, tels que les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte.

Les investissements dans ces domaines devraient permettre de multiplier par trois les revenus des exploitants ruraux d’ici 2050, créant ainsi des millions d’emplois durables.

Répondre aux défis environnementaux par une horticulture durable

La durabilité environnementale est un axe central du référentiel Sénégal 2050. Le secteur horticole est particulièrement vulnérable aux impacts des changements climatiques, tels que la sécheresse, la dégradation des sols et les inondations.

Stratégies pour une horticulture durable :

Adoption de l’agriculture intelligente face au climat (CSA) : Utilisation de technologies telles que les capteurs d’humidité et les prévisions météorologiques pour optimiser l’irrigation et la fertilisation.

Transition énergétique : Installation de panneaux solaires pour alimenter les pompes à eau et les entrepôts frigorifiques.

Préservation des écosystèmes : Encouragement des pratiques agroforestières pour protéger la biodiversité et réduire l’érosion des sols.

Le référentiel prévoit également que d’ici 2050, 30 % du territoire agricole sera dédié à des pratiques agroécologiques, assurant ainsi la durabilité des terres cultivables pour les générations futures.

L’horticulture face à la demande croissante des marchés B2B

Les supermarchés, hôtels, restaurants et exportateurs constituent un marché en pleine expansion pour les produits horticoles sénégalais. Répondre à leurs exigences nécessite des investissements dans la qualité, la certification et la logistique.

Actions prioritaires pour répondre aux besoins du marché :

Certifications de qualité : Adoption de standards internationaux comme GlobalG.A.P. pour accéder aux marchés européens et asiatiques.

Modernisation des chaînes de froid : Les initiatives du PNRH incluent l’installation de centres de stockage frigorifiques dans les principales zones de production.

Développement logistique : Construction de corridors régionaux pour améliorer le transport des produits frais vers Dakar et les marchés internationaux.

En s’appuyant sur ces infrastructures, le Sénégal ambitionne de doubler ses exportations horticoles d’ici 2040, tout en augmentant la part des produits horticoles transformés.

Une transformation économique portée par l’horticulture

L’horticulture est identifiée comme une filière stratégique dans le référentiel Sénégal 2050. Elle constitue un moteur de transformation économique, permettant de diversifier l’économie nationale tout en renforçant la résilience des territoires.

Mesures clés pour maximiser l’impact économique :

Numérisation des activités agricoles : Développement de plateformes pour connecter les producteurs aux acheteurs et optimiser la gestion des cultures.

Mise en place de coopératives : Renforcer la collaboration entre agriculteurs pour mutualiser les ressources et négocier de meilleurs prix.

Soutien à la recherche et à l’innovation : Financement de programmes de recherche pour développer des variétés horticoles adaptées aux conditions locales.

Le référentiel prévoit que, d’ici 2050, les revenus générés par l’horticulture représenteront une part significative du PIB agricole, contribuant ainsi à repositionner le Sénégal comme leader régional en agro-industrie.

Conclusion

L’horticulture est bien plus qu’une activité agricole au Sénégal : c’est un levier de transformation économique, sociale et environnementale. Grâce au référentiel Sénégal 2050, le pays se dote d’une feuille de route ambitieuse pour moderniser ce secteur et le positionner comme moteur de croissance. En combinant investissements stratégiques, innovation technologique et durabilité, l’horticulture sénégalaise pourra non seulement répondre aux besoins nationaux mais aussi conquérir de nouveaux marchés internationaux. Construire un Sénégal souverain, prospère et juste commence dans les champs et serres des producteurs locaux.

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